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Morihei Ueshiba (1883 - 1969) "Nul
ne peut m'enlever ma force, |
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1883 |
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Morihei, quatrième enfant et premier fils de Yoroku Ueshiba et Yuki Itokawa est né le 14 décembre 1883 (16 novembre de l'ancien calendrier lunaire japonais) dans la ville portuaire de Tanabe sur l’île de Honshu. Sa famille vivait dans l’aisance car son père était un propriétaire terrien et faisait commerce du poisson et du bois. Il était également très respecté des membres de sa communauté et s’investit beaucoup dans les affaires du village ainsi qu’au conseil municipal de Nishinotani et de Tanabe dans la préfecture de Wakayama. D’une santé relativement fragile et d’un caractère nerveux, son père décide de lui faire pratiquer la natation et le sumo. Après une enfance passée dans l’école d’un temple (Terakoya) suivie d’une scolarité à Tanabe, il accède au collège ou ses capacités en arithmétique se dévoilent et lui permettent d’être l’assistant du professeur. C'est
également à cette époque qu'il fit la première
rencontre qui modèlera son destin : Kumagusi
Minakata. Ce lettré excentrique et
fervent défenseur de l'environnement,
apprit à Moihei qu'il était important de considérer
le monde comme un tout, il l'alerta sur les
dangers d'un développement inconsidéré et d'un
pillage systématique des ressources naturelles. |
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1900 |
| Il met un terme à ses études à l’age de 17 ans pour débuter un apprentissage du commerce familial à Tokyo puis l’année suivante il ouvre la papeterie Ueshiba ou il distribue et vend des fournitures scolaires et de la papeterie. C’est à cette époque qu’il commence à s’intéresser aux arts martiaux par l’étude du Ju Jutsu et du Ken Jutsu à l'école de Tengin Shinyo-ryu où il pratique le soir. Cependant, moins
d’un an après son arrivée il contracte le béribéri
et son commerce périclite ce qui force son retour
à Tanabe. Affecté
au 37ième régiment de la quatrième division basée
à Osaka, il eut l’occasion de s’entraîner au
sabre à
l’école Yagyu Shingan-ryu.
Ce qu’il étudia précisément de cet art martial
traditionnel reste flou. Cependant, même après sa libération,
il se rend de temps à autre de Tanabe à la ville de Sakai
ou se trouvait le dojo du Yagyu-ryu. |
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1912 |
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| Peu de temps après son retour à Tanabe, son père fit venir un jeune instructeur du Kodokan pour la jeunesse locale ce qui lui permet de pratiquer le judo pendant quelques temps. Mais à l’age de 29 ans, à la recherche d’aventure, il se laisse séduire par le gouvernement japonais offrant des aides pour encourager le peuplement de l’île Hokkaido. Il recrute alors 54 familles de son village réunissant ainsi plus de 80 personnes afin de fonder une nouvelle colonie dans une partie reculée du nord de l’île qui devient le village Shirataki. Pendant sept années, il est responsable de cette colonie ou il y cultive la terre, participe au conseil municipal et contribue au développement de la région de Shirataki. C’est à cette période, en 1915, qu’il rencontre son mentor martial, le professeur de jujutsu Sokaku Takeda qui dirige alors des stages sur l’île. Morihei à alors 32 ans et il est fasciné par la maîtrise de Sokaku pour son art martial pratiqué connut sous le nom de Daito-ryu jujutsu. Il consacre alors son temps et son argent pour apprendre, allant même jusqu’à héberger Sokaku en échange de cours particuliers. Moirhei devient alors le meilleur élève et accompagne son maître lors de voyages pour enseigner. Il reçoit ensuite un diplôme d’instruction du premier degré du Daito-ryu. Il est important de souligner que l’ensemble des techniques de Sokaku Takeda est la base de presque tous les mouvements de l’art martial de Morihei Ueshiba. |
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1920 |
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Morihei Ueshiba quitte Hokkaidô et rentre chez lui, à Tanabe pour se rendre au chevet de son père gravement malade. Il décédera en janvier 1920. Ces dernières paroles pour son fils seront : "Ne te laisse pas arrêter par quoi que ce soit. Vis comme tu le souhaites." C’est à Ayabe, petite ville proche de Kyoto, qu’il rencontre le co-fondateur de la secte Shintô-Omoto, le charismatique Onisaburô Deguchi. Il vit alors au siège de la secte Omoto et y pratique les rites de méditation et de purification. Son engagement est profond et il participe au développement de cette nouvelle religion mais la même année, ses deux premiers fils meurent des suites de maladies. En 1921, le gouvernement japonais met en accusation Onisaburô Deguchi pour crime de lèse-majesté envers l’empereur, il est emprisonné. Morihei Ueshiba bénéficie d’un non-lieu lui évitant par la-même cinq années d’emprisonnement. Vient alors la naissance de son troisième fils, Kisshomaru le 27 juin 1921 (sa fille naquit en 1911, son premier fils Takemori en 1917, son deuxième fils Kiniharu en 1919, ces deux fils moururent en 1920). Il commence alors l’étude du Kotodama (littéralement mot-esprit) accordant de plus en plus d’importance au spirituel. Il se consacre alors au bûdo, voie vers laquelle l’encourage Deguchi. Il avait auparavant déjà pratiqué différents arts martiaux, notamment l’art du sabre de l’école Shinkage, le jûjutsu des écoles Kitô et Daitô et bien d’autres encore. Deguchi, une
fois de plus, l’encourage à se consacrer aux arts martiaux
considérant que cette voie est celle qui
convient le plus à Morihei Ueshiba. Sur le conseil de
Deguchi, il transforme alors une partie de sa résidence d’Ayabe
en dôjô de dix-huit tatamis et ouvre
le Ueshiba Juku pour les jeunes hommes de la secte Omoto. C’est vers 1920 que Ueshiba songe réellement à la création d’un budô indépendant mais c’est en 1922 qu’il proclame un nouvel art martial, l’aiki-bujutsu, ce dernier conservant les principes et les techniques des anciens arts martiaux mais ne se retrouvent pas dans l’actuel aïkido. |
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Ce nouvel
art martial tire son originalité de l’utilisation
spécifique du terme aiki. En effet, dans d’autres budô,
on fait parfois référence à l’idée
d’ harmonisation (ai) des énergies
(ki) avec l’adversaire lors des combats mais c’est
la première fois que le concept apparaît réellement.
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1924 |
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Onisaburô Deguchi, pacifiste convaincu, quitte le Japon le 13 février 1924, avec quelques disciples dont Maître Morihei Ueshiba, avec l'intention de bâtir en Mongolie, où s'affrontaient les armées chinoises et japonaises, un Royaume de la Paix. Ils échouèrent
dans leur tentative et furent emprisonnés
par l’armée et nombre d’entre eux ne réchappèrent
pas au peloton d’exécution.
Après l’intervention du consul du Japon, ils rentrent à
la fin juin de l’année 1925. En 1926,
sous la pression de l’amiral et de Onisaburô Deguchi, il
quitte définitivement Ayabe et s’installe à Tokyo. A cette époque, Maître Kanô Jigorô, fondateur du Judo actuel, lui rend visite et lui déclare "Voici mon idéal du Budo". Ce dernier lui envoie Jori Takeda et Minoru Mochizuki comme élèves. C'est en 1931 que le dojo permanent, nommé le Kôbukan se termine. Kamata, Iwata et Funabashi entrent comme Uchideshi (élèves à demeure). Le Kobukan est surnommé "Jikogu Dojo" (le dojo de l'enfer) car la sélection est rude. De nombreux dojos d'Aïki-bujutsu se créent alors à travers tout le pays. L'amiral Takeshita devient directeur du Kôbukan et l'Aïki-bujutsu est enseigné dans les services secrets de l'armée, la Kempetai. |
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1936 |
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C’est à partir de 1936 que Morihei Ueshiba décide que le temps est venu de faire une distinction claire entre les anciens arts martiaux et son bûdo car il se révèle évident que les aspects philosophiques et spirituels y tiennent une place importante. Il abandonne alors le terme de aïki-bujutsu et le nom devient aiki-budô. En 1939, il
organise les démarches officielles
afin que son organisation soit reconnue juridiquement
sous le nom de Kôbukai, requête acceptée l’année
suivante. C’est à partir de cette période que l’aïkido
connaît une importante progression. Le nombre
de pratiquants est en constante augmentation et la renommée
de Morihei Ueshiba grandissante. C’est
à ce moment que le gouvernement décide
de regrouper les différents arts martiaux sous le contrôle
d’un organe unique, donc le sien. Il change alors le nom en aïkido afin que son art soit identifié comme forme de budô unique et distincte et, c’est de cette manière qu’il rejoint l’association. Vient alors sa décision de se retirer en compagnie de son épouse à Iwama dans le but de poursuivre son rêve, la création d’un sanctuaire de l’aïkido (Aïki Jin Ja) afin de perfectionner son art. |
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1946 |
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| En 1946, les Américains interdisent la pratique des arts martiaux au Japon et le dojo de Tokyo est fermé. C’est à sa réouverture en 1948 qu’il prend le nom d’Aïkikaï, l’aïkido se trouvant le premier art martial autorisé à reprendre ses enseignements en raison de ses tendances pacifistes. Le ministère de l’éducation le reconnaît comme Zaidan Hojin (école reconnue d’intérêt public). C’est en 1950 que Morihei Ueshiba donne la responsabilité de l’enseignement à son fils qui devient alors le second Doshu (Maître de la voie) de l’Aïkido. Il débute
alors un programme de conférences et de
démonstrations à travers le monde afin de propager
l’enseignement de son art. Il donne sa dernière démonstration
publique le 12 janvier 1968. |
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1969 |
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C’est à 5 heures du matin le 26 avril 1969 que Morihei Ueshiba décède. Il est dit qu’au moment de sa mort, il leva un doigt vers le ciel et ses dernières paroles furent : "Je
retourne d’où je suis venu". |
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QUELQUES
PENSEES DU FONDATEUR |
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"L'Aïkido vous enseigne à respecter les autres, et à ne pas vous comporter d'une manière offensante. Ce n'est pas facile de vivre selon les idéaux de l'Aïkido mais nous devons le faire à tout prix - autrement notre entraînement se fait en vain." "En Aïkido nous n'attaquons jamais. Si vous voulez frapper le premier, pour obtenir l'avantage sur quelqu'un, c'est la preuve que votre apprentissage est insuffisant, et c'est vraiment vous-même qui a été vaincu. Laissez votre partenaire attaquer, et utilisez son agression contre lui. Ne reculez pas devant une attaque; contrôlez-la avant qu'elle ne débute. La non-violence est la vraie expression de l'Aïkido." "La pratique de l'Aïkido est un acte de foi, une croyance dans le pouvoir de la non-violence. Ce n'est pas un type de discipline rigide ou d'ascétisme vide. C'est une voie qui suit les principes de la nature, des principes qui doivent être appliqués à la vie quotidienne. L'Aïkido doit être pratiqué du moment ou vous vous levez pour accueillir le jour jusqu'au moment ou vous vous retirez pour la nuit." "Etudiez et pratiquez, et ensuite réfléchissez sur votre progrès. L'Aïkido est l'art d'apprendre profondément, l'art de se connaître soi-même." "Gardez vos mains, vos hanches et vos pieds sur une ligne droite et votre corps et votre esprit centrés. Vos mains sont la clé de l'orientation systématique et du contrôle de votre partenaire. Si votre partenaire tire, laissez le tirer, mais ne faites qu'un avec cette traction. Dans votre entraînement, discernez ce qui manque à votre adversaire et subvenez-y." "Une technique qui est basée seulement sur la force physique est faible; une technique basée sur la force spirituelle est forte." "Le but de l'apprentissage de l'Aïkido n'est pas simplement de vous rendre plus fort ou plus robuste que les autres; c'est de faire de vous un champion pour la paix mondiale." "Dans le vrai budo il n'y a pas d'adversaires, pas d'ennemis. Dans le vrai budo nous cherchons à ne faire qu'un avec toutes les choses. La Voie du Guerrier n'est pas de détruire et de tuer mais d'entretenir la vie, de créer continuellement." "Ne vous considérez jamais comme un maître omniscient. Vous devez toujours vous entraîner et étudier avec vos partenaires." "Entraînez-vous rigoureusement, découvrez la lumière et la chaleur de l'Aïkido, et soyez une personne authentique. Entraînez-vous encore plus, et apprenez les principes de la nature. L'Aïkido est en train de s'établir partout, mais il aura une expression différente en chaque lieu". |
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Dojo des Arts - 11, rue de Bordeu
Place du Foirail - 64000 PAU
Tél : 05 59 14 78 92 Email : dojodesarts@gmail.com